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Un nouveau Loto au GEM Horizons

Ce mercredi 16 janvier, le groupe d’Albi avait mis les petits plats dans les grands pour un moment festif, convivial, et ludique : une nouvelle édition du Loto. Cet événement est lui aussi devenu un incontournable du début d’année, au même titre que la galette des rois. Solène et Charline, nos deux stagiaires en formation d’éducatrice spécialisée, se sont investies avec cœur et conviction dans l’organisation et la tenue de ce Loto, comme elles l’avaient déjà fait pour la Fête de Noël. Leur stage se finit ce vendredi, et nous ne dirons jamais assez combien ces temps de présence sur huit semaines de jeunes en devenir professionnel constituent une richesse et apportent beaucoup de fraîcheur dans la vie du GEM d’Albi.

Pour les lots, Sabah, notre intendante, s’était aussi démenée auprès des commerçants albigeois. Avec son tempérament sociable et sympathique, elle a su fidéliser certains d’entre eux d’année en année dans le cadre de notre Loto.

La manifestation s’est déroulée tout l’après-midi et les gagnants furent nombreux. Pour les plus gros lots, un jambon apporté par Arnaud Cluzel, le président du groupe, un appareil chauffe-pizza généreusement offert par Netto, du matériel d’optique, des fleurs, des places de cinéma envoyées par notre ancienne bénévole Solange.

Sans les commerçants partenaires, notre Loto aurait perdu de sa superbe. Aussi, remercions-les en les citant : Netto, Utile, La Mie Câline, Les Opticiens mutualistes, Optique Fraysse, la pharmacie Puech, le Divin Boudoir, Salon de coiffure Lounge, Les Féées des fleurs, Bleys horticulture à Lescure d’Albigeois, Alain Pelissou (coiffeur), Emyvas coiffure, Magali coiffure. Merci aussi au CATTP le Ranch qui a fournit des cageots garnis de légumes et divers consommables comme lots.

Rappelons que ces événementiels qui ponctuent l’année du GEM renforcent d’autant plus la cohésion du groupe et répondent aussi à la mission première des groupes d’entraide mutuelle, en favorisant le lien social pour rompre l’isolement des personnes en souffrance psychique dans le cadre d’un accueil de jour hors soin.


Rendez-vous gare de l’Est, Horizons au théâtre

Mercredi 8 janvier, le GEM était largement présent à Rendez-vous gare de l’Est, une pièce de théâtre qui s’est jouée au Grand Théâtre des Cordeliers d’Albi, et qui vient concrétiser une nouvelle fois le partenariat du groupe avec la Scène Nationale pour cette saison. Une trentaine d’adhérents, bénévoles, stagiaires, parents étaient venus assister à la représentation. Pour certains gémois, c’était déjà l’occasion de découvrir l’architecture impressionnante du bâtiment. Assister à ce genre d’événement n’est pas à la portée de la bourse de tous nos adhérents. C’est donc une ouverture culturelle qu’Horizons s’est engagé à offrir à ses membres pour une première saison théâtrale, avec l’appui bienveillant et l’accueil chaleureux de la Scène Nationale.

Le thématique de ce Rendez-vous gare de l’Est était ambitieuse. Pour autant, la salle était comble. Il était question de bipolarité. Guillaume Vincent, le metteur en scène, aurait pu se baser sur des discours de psychiatres, ou du monde médical en général. Il a fait un autre choix, des plus judicieux : son approche se fonde sur des entretiens avec une jeune femme souffrant de la pathologie. Il a voulu retranscrire par sa mise en scène et le jeu d’acteur, l’ambiance et le contenu de ces rendez-vous. Il en découle une heure de monologue vivant, bien mené par l’actrice Emilie Incerti Formentini. Surtout, cet angle d’attaque, qui suscite l’empathie dès les premières minutes, tranche avec la stigmatisation de la souffrance psychique si répandue de nos jours.

Au final, l’ensemble est d’une justesse des plus respectables et évite l’écueil des stéréotypes du handicap psychique. Le propos embrasse tous les enjeux de la maladie : les hospitalisations, les traitements, la détérioration des liens familiaux, la complexité d’une vie de couple, d’une vie professionnelle, la précarité sociale, le désir d’enfants et ses limites quand on souffre de bipolarité…

Si la mise en scène était exigeante pour certains de nos adhérents, en raison du format monologue qui demandait de la concentration, tous ont été touchés par ce témoignage vibrant et vivant, qui a fait écho à leurs parcours de vie.


Définir les GEM ou le concept de handicap psychique 2.0

Les groupes d’entraide mutuelle constituent une évolution indéniable dans l’approche du handicap. Leur forme associative qui tend parfois, dans la mesure du possible, à l’autogestion, et ce d’autant plus depuis la dernière mouture de leur cahier des charges, pousse à les définir comme une démocratie (chacun a droit à la parole), et une république (le GEM est l’affaire de tous). D’où l’idée de décliner la notion de Web 2.0 en handicap psychique 2.0 pour compléter et illustrer cette définition. Le Web 2.0 est apparu au début des années 2000 pour se développer jusqu’à nos jours par le biais, notamment, des réseaux sociaux. L’idée est que l’internaute devienne acteur des contenus diffusés sur la toile. Certains auteurs ont même parlé à cet égard de révolution comparable à la redécouverte de l’imprimerie par Gutenberg au XVe siècle. Sans aller jusque-là, il convient de souligner en parallèle en quoi les groupes d’entraide mutuelle ont bousculé, voire dérouté, le monde institutionnel sanitaire et social, quitte à influencer leurs approches du handicap.

Le secteur médico-social, souvent représenté par des associations, est porteur de différents discours, dont la variable d’ajustement tient souvent au degré de perception des capacités d’autonomisation des personnes en situation de handicap. Entre l’accessibilité universelle et le paternalisme, entre l’inclusion, l’intégration, et l’institutionnalisation, ce sont les courbes d’histoires associatives diverses qui se dessinent et dont les pratiques actuelles répondent à l’écho lointain de la gestation idéelle de l’association. Le type des acteurs-fondateurs explique souvent l’approche : association de familles ou d’enseignants, association religieuse ou laïque. Pour autant, la loi de 2005 et les textes qui ont suivi ont contraint tous les établissements médico-sociaux et l’institution sanitaire à créer des organes de représentation des usagers et patients. Dans la pratique, si les instances existent, leur paramétrage leur légitimité, et surtout leur poids dans la vie des instances semble variable et discutable.

De ce fait, les GEM, par leur réussite, ont ouvert une brèche idéologique face aux approches les plus récalcitrantes à l’émancipation des personnes en situation de handicap. Rappelons, nonobstant, que c’est en premier lieu l’inscription dans les textes de loi de notion de handicap psychique qui a rebattu les cartes et modifié la donne. La dimension dite invisible, l’état de conscience et les facultés cognitives et fonctionnelles de nombreuses personnes en souffrance psychique, imposaient aux professionnels de redéfinir les modalités d’accompagnement, basés souvent sur l’infantilisation et le contrôle (voir Michel Foucault, Surveiller et Punir), au profit de la responsabilisation et de la régulation. Ce qui constitue pour le coup, une révolution des approches et des pratiques, fait souffler un vent d’espoir chez les personnes en souffrance psychique, au regard de l’histoire de la psychiatrie, de la dimension carcérale au XIXe siècle, à une forme de normalisation sociale, qui rejaillit sur l’ensemble des personnes handicapées.